● ● ●Christophe écarquilla les yeux et laissa tomber son bras, à présent libre. 11 Avril 1992, d'où sortait-elle cette date ? 11 Avril 1992. Celle-ci se répétait dans son esprit. Il se leva et retourna s'asseoir dans le fauteuil, cette date se répétant inlassablement sans qu'il y trouve de signification. « Souviens-toi ! » Pourquoi lui avait-elle dit ça ? De quoi devait-il se souvenir au juste ? 11 Avril 1992. Christophe porta une main à son front et le frotta légèrement, son regard perdu dans le vide, il réfléchissait. Après un rapide calcul, il constata que ce jour-là, il avait dix-sept ans. Dix-sept ans oui, mais alors ? Que s'était-il passé ce 11 Avril 1992, l'année de ses dix-sept ans ? Peu à peu, et à force de les brasser, ses souvenirs lui revinrent. Il se revoyait au lycée, qu'il avait quitté peu après, il revoyait sa copine de l'époque, Sandra, avec qui il avait découvert le vrai amour, il se revoyait dans la pâtisserie de ses parents, à Carpentras, assis sur la terrasse à composer des chansons qu'il abandonnerait plus tard sur son bureau, il se revoyait aussi apprendre la guitare et l'harmonica, il revoyait ses potes, se rappelait des rêves et des projets qu'il avait alors en tête, il revoyait les journées passées avec son frère, Fredéric... tant de souvenirs qu'il avait enfoui au fond de sa mémoire, tant de souvenirs oubliés qui resurgissaient aujourd'hui, tant de choses qu'il pensait avoir effacer... Une larme glissa sur sa joue, pas une larme de tristesse, non. Plutôt de nostalgie. Nostalgie de cette époque, qu'il ne regrette pourtant pas, ou peu. Nostalgie de voir que tant d'années sont passées sans qu'il s'en rende vraiment compte, de voir que tant de choses ont changés pour lui, de voir que les projets qu'il avait cette année-là s'étaient pour la plupart réalisés... Christophe essuya furtivement cette larme qui s'était échappé et essaya de se concentrer pour se rappeler ce jour particulier, ce 11 avril... Avril... Mois de Pâques... Pâques qu'il passait en famille, au ski... Au ski... Mais oui, 11 Avril 1992. Jour de sa chute en ski. Cette chute qui lui a valu une entorse du genou et un léger traumatisme crânien. Jour où son rêve de devenir skieur professionnel s'était envolé. Oui, mais alors ? Pourquoi cette date. Il était tombé, avait passé une semaine à l'hôpital... Le reste, il ne s'en souvenait plus trop. 11 Avril 1992. Quel était le rapport avec Louise. Christophe était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'entendit même pas Nadège rentrer et lui demandait s'il allait bien.
« Christophe ! » l'appela un peu plus fort Nadège en se postant devant lui, Jules dans ses bras.
Christophe sursauta et posa ses yeux sur Nadège.
« Hein ? Tu es rentrée ? »
« Chéri tu te sens bien ? » lui demanda-t-elle, une nouvelle fois inquiète pour lui.
« Oui oui... » lui répondit Christophe avant de se lever et de s'enfermer dans la salle de bain.
Nadège soupira et posa Jules sur le lit afin de le mettre en pyjama. Elle irait parler à Christophe plus tard, lorsqu'il se sentira mieux et qu'il daignera enfin lui expliquer ce qui ne va pas, une nouvelle fois. Cependant, elle se doutait bien que cela avait encore un rapport avec cette Louise imaginaire que Christophe était le seul à voir et qui commençait à agacer sérieusement Nadège...
Christophe ferma la porte de la salle de bain et se regarda dans le miroir. Il se trouvait pitoyable et s'en voulait de gâcher leurs vacances avec une gamine qu'il était le seul à voir et qui lui pourrissait l'existence. Il retira rapidement son tee-shirt, son short et son boxer puis se glissa sous la douche. Il tourna le bouton, accrocha la pomme de douche et laissa glisser l'eau froide sur son corps bouillonnant. Il laissa échapper quelques frissons et la chair de poule parcourut son corps, créant des millions de petits boutons à la surface de sa peau. Il porta ses mains à son visage et le frotta énergiquement avant de recracher l'eau qui s'était infiltré dans sa bouche. Il se savonna ensuite rapidement puis éteignit l'eau après s'être rincé. Rien de mieux qu'une douche froide pour mettre ses idées au clair. Il sortit de la douche en frissonnant puis entoura son corps d'une serviette. Il se sécha brièvement puis enfila un boxer propre avant de sortir de la salle de bain. Il jeta un coup d'oeil à la pièce et retrouva Nadège allongée sur le lit, Jules assis à ses côtés, jouant avec sa mère. Nadège n'adressa aucun regard à Christophe lorsqu'il sortit de la salle de bain et l'ignora lorsqu'il vint s'asseoir à côté d'elle dans le lit et qu'il posa une main sur son bras.
« Excuse-moi puce, je suis sur les nerfs en ce moment... » s'excusa-t-il.
« Ça y est, tu es calmé ? » lui répondit Nadège d'une voix sèche.
« Excuse-moi, c'est encore Louise qui m'a prit la tête... »
« Louise Louise Louise ! Tu n'as que ce mot à la bouche ? » le coupa-t-elle en se levant du lit, Jules dans ses bras.
« Mais elle est revenue Nad' ! » se justifia-t-il.
« A t'entendre, elle n'est jamais partie ! » continua-t-elle, une pointe d'énervement dans la voix.
« Si ! » répondit-il en haussant la voix. « Elle vient, elle part, elle ne fait que ça ! Et crois-moi, ça me rends fou ! Mais ça, tu ne peux pas le comprendre, forcément ! » continua-t-il d'un don dédaigneux.
« Bien sûr que non... Je ne peux pas comprendre... Évidemment... » enchaîna Nadège, de plus en plus énervée. « Et tu ne t'es jamais dit que j'ai essayé Christophe ? Tu ne t'es jamais dit que j'ai essayé de te comprendre mais que tu te braques et que tu ne me dis rien ? Tu passes ton temps à faire la tête, à ruminer, à soupirer... J'en ai marre Chris... Je ne supporte plus ton comportement ! » s'emporta-t-elle. « Crois-moi, j'ai essayé de te comprendre, de t'aider... seulement, tu te renfermes sur toi... Je ne peux rien faire de plus... » ajouta-t-elle avant de lancer un dernier regard à Christophe et de déposer Jules dans son lit. « Je vais faire un tour, je reviendrais quand tu seras calmé... Tâches de t'occuper de ton fils, tu l'ignores depuis une semaine... » lui lança-t-elle avant de quitter la chambre d'hôtel.
Christophe regarda Nadège quitter la chambre d'hôtel sans bouger, sans parler. Ce qu'elle venait de lui dire lui avait fait l'effet d'une claque au visage. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle s'emporte et à ce qu'elle lui reproche toutes ces choses. D'accord, il n'avait pas été très bavard et joyeux ces derniers jours, d'accord il ne s'était pas occupé de Jules... Mais était-ce une raison pour le lui balancer à la figure. Christophe donna un coup de pied dans un jouet qui traînait et sorti sur le balcon. Il s'accouda à la rambarde et observa la rue. Il vit Nadège sortir de l'hôtel et se dirigeait vers le centre-ville, sans lui accorder un regard. Il pesta intérieurement contre lui-même lorsqu'il entendit Jules pleurait. Il retourna dans la chambre et vit son fils, appuyé contre les barreaux du lit, les yeux remplis de larmes. Lorsqu'il aperçut son père, il leva les bras vers lui en l'appelant. Christophe lui sourit et l'attrapa avant de le serrer contre lui. Le petit blottit sa tête contre le cou de Christophe et Christophe déposa une main dans les cheveux de Jules avant de le bercer. S'il voulait que Nadège le pardonne, il avait plutôt intérêt à changer de comportement ! Christophe déposa Jules sur le sol puis s'approcha de l'armoire et en sortit des affaires. Il s'habilla rapidement, reprit Jules dans ses bras puis après avoir jeté un dernier coup d'oeil à la pièce, sorti à son tour de la chambre.
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Coucou :)
Alors, vous pensiez à ça ?
J'ai vu que personne n'a trouvé la réponse, en même temps, c'était pas facile...
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Dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre :)
Mercii beaucoup pour vos commentaires, ça me touche beaucoup que vous preniez le temps de poster...
J'espère que ça va continuer :)
A Bientôt.