B i e n v e n u e . s u r . c e t t e . n o u v e l l e . f i c t i o n . :)

R e t r o u v e z - m o i . a u s s i . s u r . :

A f t e r T o n i g h t F i c t i o n
F i c t i i o n - C h r i s - M a e
M a e - F i c t i i o n - C h r i s

O u . s u r . m o n . b l o g . p e r s o . :

m u s i c i i s l i f e

----------------------------------------------------------------------------------------


C h r i s t o p h e ........................ Lo u i s e


----------------------------------------------------------------------------------------


D e u x . ê t r e s, . d e u x . â m e s, . u n e . r e n c o n t r e .
Q u a n d . l a . r é a l i t é . l a i s s e . p l a c e . a u . s u r n a t u r e l .
S a u r e z - v o u s . d é c o u v r i r . l e . s e c r e t . ?



-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

P r é v e n u ( e ) . ?

H i i s t o r y - M a e - x 3
A h - D e m a i n
x - m e r w a n - m a n u - x
m u s i c - - m a e
m a e f i c c h r i s
f i c t i o n - c h r i i s t o p h e
c h r i s t o p h e m a e b g 5 9
m o i - e t - t o u j o u r - m o i
C h r i i s t 0 p h e - m a 3 - x 3
X x - t i T e - m W a - 9 5 - x X
C h r i s t o p h e - M a e - H i s t o r y
f i k m a e 1 e r
s a n d i e m a e
i - m - s i n g l e
s o n p a r a d i a l u i - j u l e s
u n - c o n t e - m o d e r n e - x 3
x C e s t - D e t r e - F a a n - F i c
e c l a i r - d u - t e m p s
l o v e - c h o u c h o u - c h r i s t o p h e
f i c - b i l l t o m
c o c o t t e 1 5 0 1 9 0
F i c - C h r i i s t 0 p h e
x - m e l a n i e - d u - 7 6 - x
f i i c t i o n - m a e
f i c t i o n - m a e t t e - m a e 7 2
x 3 - l o v e - 2 3 - x 3
M a e t t e - c h r i s t o p h e - m a e
x - m O i i - j u j u - x
F i c t i o n - S t o r y - C M
m a e 7 1 2 9 3
x x - f i i c s u r c h r i i s - x x
P r e t t y x S t 0 o r y
c h r i s t 0 p h 3 m a 3 - x 3
x M a - D o u b l e - V i e e
x C M a e - f i c
C h r i s t o p h e - M a e - 7 6 7 6
I - l O v e - C r h i s t O p h e - M a e
p e i n e - - e t e r n e l l e
m a e t t e d u 4 9
N a d e g e - e t - L u u i
F i i c - S a - d a n s e - d o n n e
x 3 - m a e - f i c - x 3
p a u l i n e d u 7 6 1 2 0
W o u l d x B e c o m e
N a t h a n a n d J o h a n n a
E v e n - i f - I - D r e a m - o f t e n
T O X I I C O - M A E
c h r i s m a e 7 4
B a b y x R a s p b e r r y

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Prologue dans 10 commentaires :)

# Posté le jeudi 18 juin 2009 10:44

Modifié le samedi 19 septembre 2009 07:39

P r o l o g u e .

P r o l o g u e .


« Maman, maman ! Regarde le chat, il va se faire écraser. » dit une petite fille à sa mère en montrant du doigt un chat assis au milieu d'une rue.
« Il se poussera quand il verra une voiture. » la rassura sa mère.
« Et si il se pousse pas ? »
« Il se poussera, ne t'inquiètes pas ! Allez viens. » l'appela sa mère en lui tendant la main.


Trop tard, la petite fille était déjà sur la route. Elle avait vu le petit chat, elle l'avait vu s'échapper lorsqu'elle s'était approché mais elle n'avait pas vu la voiture qui arrivait à vive allure.


Une rue, une petite fille, une voiture. Il suffit d'une seconde pour que votre vie bascule, juste une pour que vous perdiez le contrôle, juste une, mais une de trop !


# Posté le jeudi 18 juin 2009 11:41

Modifié le vendredi 19 juin 2009 14:03

T o m e . U n .C h a p i t r e . U n

T o m e . U n .C h a p i t r e . U n


« Non non non ! Jules, reviens ! » lança l'homme à voix haute en courant après son fils.
« Apa ! Apa ! » applaudit le petit garçon en souriant à son père.
« Oui bah papa va finir par se fâcher si tu continues tes bêtises. »


L'homme posa son fils sur le sable et réajusta son chapeau qui lui tombait sur les yeux. Il s'assit à ses côtés et regarda l'horizon, tout en surveillant son petit gars du coin de l'oeil. À peine une heure qu'il était sur la plage et il n'avait pas eu une minute de répit. Sa femme devait le rejoindre d'une minute à l'autre et il espérait qu'elle ne tarderait pas à venir. Il ne pensait pas que s'occuper d'un garçon d'un an et demi pouvait être aussi fatiguant.


« Jules ! Enlève le sable de ta bouche, ça se mange pas le sable ! » dit l'homme d'un ton exaspéré à son fils.


Le petit se mit à pleurer et son père leva les yeux au ciel. Il le prit sur ses genoux et essaya tant bien que mal de le calmer. Après quelques minutes et plusieurs grimaces du papa, il cessa enfin ses pleurs et se mit à rire. Son père esquissa un sourire de soulagement et posa son fils entre ses jambes. Ce dernier attrapa une petite pelle jaune et s'amusa à taper sur le sable, sous l'oeil amusé de son père. Il imaginait bien son fils futur musicien ou futur chanteur, comme lui. Mais il avait encore un peu de temps avant d'en arriver là. Le jeune papa continua d'observer son fils quand il sentit une présence dans son dos. Il se retourna et vit une petite fille qui le regardait d'un air timide. Il lui souria puis lui demanda.


« Tu es perdue ? »


La petite fille fit non de la tête et continua à l'observer en silence. Sa robe blanche volait comme soulevée par le vent malgré l'air pesant du mois d'août.


« Tu veux quelque chose ? » poursuivit l'homme d'une voix douce.


La petite hocha la tête de haut en bas et souria timidement au jeune homme.


« Dis-moi, tu veux quoi ? » lui demanda-t-il.
« Tu es Christophe Maé ? » demanda la petite fille en s'approchant.
« Oui... Mais dis-moi, ta maman ne va pas te chercher ? »
« Moi je m'appelle Louise. » répondit-t-elle en s'arrêtant à quelques centimètres de Christophe.
« Dis, c'est une manie chez toi de ne pas répondre aux questions ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.
« Ma maman n'est pas là. »
« Tu es toute seule ? » s'étonna-t-il.
« Oui. »
« Mais tu as quel âge ? »
« Sept ans ! Je suis grande. » lui répondit-t-elle en souriant.
« Mais comment tu es venue ici ? Tu habites à côté ? »
« Non, j'ai pensé et je suis arrivée. »
« Tu as pensé ? Pensé à quoi ? » lui demanda Christophe d'une voix perplexe.
« A toi ! » lui répondit Louise, comme une évidence.
« A qui tu parles chéri ? » les coupa une voix féminine.


Christophe se retourna et aperçu Nadège, sa femme. Ses cheveux étaient attachés en une couette haute et elle portait une jolie robe en coton blanche qui lui descendait jusqu'au cheville. Sur son épaule, un sac en tissu laissait entrevoir quelques magasines et une bouteille de crème solaire. Elle s'approcha et posa ses affaires près de Christophe avant de s'asseoir.


« A Louise. » répondit-il.
« Louise ? Qui est Louise ? »
« La petite qui est... était là ! »


Christophe mit sa main derrière sa nuque et regarda l'emplacement où se trouvait Louise, quelques minutes auparavant.


« Tu n'as pas vu la petite qui était avec moi ? » lui demanda-t-il.
« Il n'y avait personne avec toi, à part ton fils. Tu es sûr que ça va ? » demanda-t-elle d'une voix inquiète.
« Mais si, une petite qui s'appelait Louise. Sept ans, les cheveux blonds et bouclés, elle était en robe. Je suis sûr elle était à côté de moi, j'ai pas rêvé ! » dit-il en haussant la voix et en se levant. « Louise ? » appela-t-il en scrutant la plage du regard.
« Chéri je crois que tu devrais te reposer un peu, tu as du attraper une insolation. »
« Mais non mais... J'ai pas rêvé, je suis pas fou ! » ajouta-t-il avant de s'asseoir et de se frotter les yeux.
« Dors un peu je m'occupe de Jules. » le rassura Nadège en caressant sa main.
« Mm' »


Christophe s'allongea et mit ses mains derrière sa nuque. Il n'était pas fou, il était sûr d'avoir vu cette petite. Louise... Il repensa à ses paroles. « J'ai pensé et je suis arrivé » « A toi ! ». Qui était-elle ? Il fallait à tout prix qu'il la revoit... !



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# Posté le jeudi 18 juin 2009 14:34

Modifié le mercredi 24 juin 2009 08:02

T o m e . U n .C h a p i t r e . D e u x

T o m e . U n .C h a p i t r e . D e u x


« Chéri ! Chéri réveille-toi, il est bientôt 18 heures. »
« 18 heures... » répéta Christophe en ouvrant les yeux.


Il s'asseya sur sa serviette et se frotta le visage. Nadège était debout à côté de lui et était en train de rassembler leurs affaires tandis que Jules dormait sagement dans sa poussette. Il s'approcha de Nadège, entoura sa taille avec ses bras et déposa sa tête sur son épaule.


« Tu te sens mieux ? » demanda-t-elle.
« Oui. Mais pourquoi tu m'as laissé dormir si tard, tu aurais du me réveiller. »
« Tu avais besoin de repos. »
« Merci, t'es un ange. » répondit-t-il avant de déposer un baiser dans son cou.
« Tu m'aides ? » demanda-t-elle en souriant.
« Bien... »


Christophe s'arrêta de parler et fixa un point à l'horizon. Nadège se retourna et regarda Christophe avec étonnement.


« Qu'est-ce-que tu as vu ? » demanda-t-elle en regardant dans la même direction que Christophe.
« Je... Louise ! Je reviens. » dit-il rapidement avant de partir en courant.
« Mais qu'est-ce-qu'il a encore ?! » souffla Nadège en finissant de rassembler ses affaires.


Christophe traversa la plage rapidement et s'approcha d'un massif de rochers sur lequel se trouvait une petite fille. Il était sûr que c'était elle, cette fois, il n'avait pas rêvé. Il s'arrêta à hauteur des rochers et lui cria.


« Louise ! »


La petite se retourna et baissa le regard vers Christophe en souriant.


« Louise, qu'est-ce-que tu fais là-haut ? Tu vas tomber, descend ! »


Louise ne répondit pas et se contenta de lui sourire.


« Louise, tu vas tomber ! » continua-t-il d'une voix douce.
« Je ne peux pas tomber. » daigna-t-elle lui répondre enfin.
« C'est dangereux Louise ! » tenta-t-il de lui expliquer.
« Je ne peux pas tomber. » répéta-t-elle.
« Tout le monde risque de tomber d'un rocher. » expliqua-t-il doucement.
« Pas moi. »
« Pourquoi pas toi ? »
« Parce que moi, je vole. » répondit-elle avant de sauter du rocher et de plonger dans l'eau.
« LOUISE ! » s'affola Christophe avant de grimper à son tour sur le rocher.
« LOUISE ! » répéta-t-il en scrutant la mer où la petite venait de disparaître.


Après quelques minutes et de nombreux appels, il finit par se rendre à l'évidence qu'elle ne reviendrait plus. Il se posait de nombreuses questions et était totalement perdu. Pourquoi avait-elle sauté ? De plus, les propos étranges de la petite ne faisait que renforcer ses questionnements. Il redescendit du rocher une main derrière la nuque et rejoignit Nadège tout en jetant de temps à autre des coups d'oeil vers le rocher.


« Ça t'arrives souvent de parler à un rocher ? » lui demanda Nadège lorsqu'elle le vit arriver.
« Je parlais avec Louise. » répondit-il une pointe d'agacement dans la voix.
« Louise ? Mais tu étais tout seul Christophe, tu parlais tout seul ! » répondit-elle en haussant la voix.
« Mais, tu ne l'as pas vu sur le rocher ? Tu ne l'as pas vu se jeter dans l'eau ? » continua-t-il en tentant de garder son calme.
« Christophe, tu me fais peur... » ajouta-t-elle en reprenant son calme.


Christophe ne répondit pas et posa ses mains sur son visage. Il devenait fou, complètement fou. Pourquoi voyait-il une petite fille que Nadège ne voyait pas ? L'avait-il seulement vu où était-elle le fruit de son imagination ? Il ne savait plus quoi penser. Il se laissa tomber sur le sable et frotta son visage comme s'il essayait d'effacer les traces de cette étrange situation qu'il était en train de vivre. Nadège s'approcha de lui et s'accroupit à sa hauteur. Elle posa une main sur son épaule et le regarda sans trop savoir ce qu'elle pouvait lui dire pour le rassurer. Christophe retira ses mains de son visage et lui adressa un regard inquiet.


« Tu es sûre que... que tu ne l'as pas vu ? » demanda-t-il, une once d'espoir dans la voix.
« Cette Louise ? »
« Oui, une petite de sept ans, blonde. Rassure-moi, dis-moi que toi aussi tu l'as vu sur ce rocher. »
« Je t'assure que tu étais seul Chris', tout seul ! Tu gesticulais et criait devant un rocher où il n'y avait personne. » dit-elle d'une voix désolée.
« Mais qu'est-ce-qui m'arrive ? » se lamenta Christophe en reposant ses mains sur son visage.
« Je pense que tu devrais te reposer... Tes deux derniers mois ont été chargés et la sortie de ton deuxième album doit te stresser, il faut que tu récupères. » le conseilla-t-elle.
_ « Peut-être, j'espère que tu as raison... »
_ « Mais oui, ne t'inquiètes pas mon coeur, je suis sûre qu'après une bonne nuit de sommeil, tu auras oublier tout ça. »


Christophe se tourna vers Nadège et l'embrassa tendrement. Il glissa un « Merci » au creux de son oreille puis se leva. Les paroles de Nadège l'avait réconforté. Après tout, c'était sûrement la fatigue et le stress qui lui jouaient des tours. Il se leva puis attrapa les deux sacs qu'ils avaient apportés. Nadège prit la poussette et ils remontèrent tous les deux vers le centre-ville où une réservation dans un restaurant les attendait...


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# Posté le jeudi 18 juin 2009 15:26

Modifié le mercredi 24 juin 2009 08:02

T o m e . U n .C h a p i t r e . T r o i s

T o m e . U n .C h a p i t r e . T r o i s


« LOUISE ! »


Christophe se réveilla en sursaut et s'assit dans le lit. Il était trempé de sueur et les images de l'horrible cauchemar qu'il venait de faire défilaient encore devant ses yeux. Nadège alluma la lumière et l'interrogea du regard. Christophe tenta de la rassurer et se leva du lit pour s'enfermer dans la salle de bain. Il en avait marre de voir cette petite partout ! Ce n'était plus supportable. En plus de hanter ses journées, il fallait maintenant qu'elle hante son sommeil. Il se regarda à travers le miroir et constata les énormes cernes qui s'étiraient sous ses yeux. Pas étonnant, il n'avait presque pas fermé l'oeil de la nuit. Il se passa un peu d'eau sur le visage puis reposa son regard dans le miroir.


« Ahhh ! » cria-t-il en sursautant.


Il cligna les yeux plusieurs fois de suite puis regarda de nouveau dans le miroir. Rien. Cette petite l'obsédait, il avait sûrement rêvé, elle ne pouvait pas être dans sa chambre d'hôtel. Il se sécha rapidement le visage puis retourna dans la chambre à pas de loup. Il se glissa sous les draps et tenta de s'endormir quand une voix le fit sursauter.


« Tu vas mieux ? » demanda Nadège d'une petite voix.
« Oui Oui, un cauchemar... » répondit-il après avoir repris son calme.
« Ça ne te réussi pas les vacances... » constata Nadège.


Christophe ne répondit pas et passa ses mains sous sa nuque. Le clair de lune éclairait le plafond de la chambre d'hôtel et les arbres y dessinaient de jolies formes noires. Il se mit à penser, sa carrière, son deuxième album en préparation, ses futurs concerts, Nadège, son fils, sa famille et puis elle, Louise... Dès qu'il fermait les yeux, son visage le hantait et revenait sans cesse. Pourquoi elle, pourquoi cette petite, pourquoi Louise. Tant de questions qu'il se posait auxquelles il n'avait aucune réponse... Las de chercher le sommeil sans le trouver, il ressortit du lit et fouilla dans son sac à la recherche de son paquet de cigarette. Il l'attrapa discrètement puis se glissa sur le balcon. Il s'accouda à la rambarde et observa la mer qui s'étirait devant lui tout en tirant sur sa cigarette. Son regard vagabondait ça et là dans le paysage quand il s'arrêta sur une ombre. Une petite ombre sur le trottoir, une ombre de petite fille. Il plissa ses yeux et tenta de mieux voir cette ombre qui se déplaçait sur le trottoir. Peu à peu, ses yeux s'habituèrent à l'obscurité et il put distinguer une petite fille aux cheveux clairs et vêtu d'une robe... d'une robe blanche ! Christophe se recula de la rambarde et laissa tomber sa cigarette au sol. Il rêvait, il rêvait, il rêvait. Ces mots se répétaient sans cesse dans son esprit comme s'il essayait de s'en persuader. Pourtant il n'en était pas convaincu. Il se rapprocha doucement de la rambarde et reposa son regard à l'endroit où se trouvait la petite fille... Louise... Elle était toujours là, à jouer sur le trottoir. Oui, elle jouait. Christophe sortit une autre cigarette de son paquet et l'alluma. La flamme éclaira son visage quelques secondes puis un nuage de fumée gris s'échappa de sa bouche, scindant le noir du ciel nocturne. Pour une fois, il voulait juste se contenter de l'observer, l'observer et comprendre. Les minutes défilèrent sans qu'il ne quitte des yeux la petite fille. Elle, elle jouait toujours sur le trottoir, comme si elle attendait quelque chose. Oui, c'était ça, elle attendait. Christophe éteignit sa troisième cigarette et retourna dans la chambre. Il jeta un regard à Nadège qui semblait dormir profondément puis sortit dans le couloir de l'hôtel. Il descendit rapidement les deux étages qui le séparait du hall puis rejoignit le trottoir. Il jeta un regard furtif dans la rue puis traversa et rejoignit le trottoir d'en face. Il enfonça ses mains dans ses poches et s'approcha de Louise, qui n'avait pas bougé. Elle était dos à lui mais lorsque Christophe s'arrêta à quelques mètres d'elle, elle s'immobilisa.


« Louise ? » demanda doucement Christophe en brisant le silence qui régnait dans la rue.


La petite se retourna doucement et observa Christophe sans dire un mot. Ce dernier en eu des frissons et sentit ses poils se hérissaient sur ses bras dénudés.


« Louise ? » répéta-t-il.
« Christophe. » lui répondit Louise de sa voix enfantine.
« Louise, qu'est-ce-que tu fais dehors à cette heure ? »
« Je joue ! »
« Mais tu pourras jouer demain ! Ta maman doit être inquiète, elle doit te chercher partout. »
« Ma maman elle dort. »
« Mais... » Christophe cessa de parler quelques instants puis reprit. « D'où tu viens ? »


Louise ne répondit pas et retourna à son jeu sans prêter attention à Christophe qui la regardait d'un air perplexe. Il fallait qu'il sache mais elle n'avait pas l'air décidée à lui répondre. Il l'observa quelques secondes puis décida de s'asseoir sur le petit muret qui séparait la plage du trottoir en attendant que Louise soit décidé à lui accorder son attention. De toute façon, il n'avait pas sommeil, il pouvait attendre toute la nuit s'il le fallait. Il sortit une autre cigarette de son paquet et l'alluma rapidement. Louise s'arrêta de jouer et se retourna vers lui.


« C'est pas bien de fumer ! » dit-elle sur un ton de reproche.
« Je sais... » répondit Christophe en laissant s'échapper un cercle de fumée de sa bouche. « Ça fait passer le temps ! »
« Tu attends quoi ? »
« Pleins de choses... Mais surtout que tu me répondes ! »


La petite se tût et l'observa sans rien dire.


« Tu sais Louise... » reprit Christophe. « J'en ai marre de te voir partout, à la plage, au restaurant, dans mes rêves et ce soir, dans cette rue, en face de mon hôtel ! Y'a quelque chose que je ne comprends pas, tu me suis, tu m'espionnes, tu m'observes ? En plus de ça, Nadège ne te voit même pas, elle me prends pour un fou, me dit que j'ai rêvé, que j'aurai tout oublié demain ! Mais non, demain, je suis sûre que tu seras là, à me suivre, à m'épier... Qui es-tu Louise ? Une hallucination, un fantôme, une simple petite fille de sept ans ? Mais dans ce cas là, où habites-tu ? Tu vis seule ? Tu n'as pas de parents ? » continua Christophe, qui s'était levé du muret et qui parlait maintenant en gesticulant et en marchant. « Louise, réponds-moi ! Qui es-tu ? Mais qui es-tu ?! »


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A Bientôt.

# Posté le vendredi 19 juin 2009 12:26

Modifié le jeudi 25 juin 2009 13:35

T o m e . U n .C h a p i t r e . Q u a t r e

T o m e . U n .C h a p i t r e . Q u a t r e


Louise l'observa sans rien dire puis, quand Christophe cessa de parler, elle le regarda malicieusement et lui dit.


« Ben tu vois, tu l'as ta réponse ! »


Christophe la regarda sans comprendre et voulu lui répondre mais la petite était déjà partie en courant.


« Louise ! » cria-t-il en courant à sa suite.


Il s'arrêta quelques mètres plus loin lorsqu'il prit conscience qu'elle avait disparue, devant ses yeux... Il passa sa main dans ses cheveux et détailla la rue d'un regard perçant. Elle n'avait pas pu disparaître comme ça, pas devant lui... Il tourna sur lui-même et observa une dernière fois la rue avant de tourner les talons. Il retourna devant son hôtel et s'assit sur le petit muret en face. Il posa ses coudes sur ses genoux et appuya sa tête sur ses mains. Décidément, il ne comprenait plus rien. Il ne savait plus quoi penser à propos de cette petite qui s'amusait à venir puis disparaître sous ses yeux sans qu'il ne puisse rien faire. Si celle-ci était vraiment une hallucination de son esprit, elle allait vraiment loin, très loin, trop loin. Tout cela lui paraissait surnaturel. Oui, surnaturel et ... flippant ! Il se posait encore de multiples questions sans réponses quand il sentit une main se poser sur son épaule. Il releva la tête en espérant trouver Louise mais soupira quand il vit que ce n'était que Nadège. Celle-ci le regardait d'un air qui mélangeait à la fois inquiétude et incompréhension. Il releva la tête qu'il venait de re-baisser quelques secondes plus tôt et l'attira sur ses genoux en entourant sa taille de ses bras. Nadège blottit sa tête dans son cou et entoura le cou de Christophe avec ses bras. Elle ne le comprenait plus. Elle voyait qu'il allait mal mais elle ne savait que faire pour le réconforter, pour le rassurer, pour lui rendre son sourire... Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était lui montrer qu'elle était là quoi qu'il arrive. Christophe embrassa plusieurs fois le cou de Nadège puis lui chuchota.


« Nad', je sais plus quoi faire, quoi penser... »
« Je ne sais pas comment t'aider... J'arrive pas à trouver les mots pour te réconforter... J'ai peur pour toi ! » lui avoua-t-elle.
« Je me fais peur moi-même alors... » tenta de la rassurer Christophe.
« J'étais au balcon quand... quand tu parlais à cette... Louise. »
« Je suppose que tu ne l'as pas vu... » soupira Christophe.
« Je suis désolée... »
« C'est pas ta faute, t'as rien à voir là-dedans... Mais j'arrive pas à comprendre pourquoi moi je la voit et toi non ! »
« Je ne sais pas quoi te répondre... Je n'ai aucune réponse à toutes les questions que tu te poses. »
« Je sais ma puce... Je sais. »


Christophe se tût et laissa son regard vagabonder dans la rue. Il resta ainsi de nombreuses minutes, trop pour se souvenir depuis combien de temps il était assis sur ce muret. Lorsqu'il sortit enfin de ses pensées, il prit conscience que Nadège s'était endormie dans ses bras. Il souria doucement et la prit tant bien que mal dans ses bras pour remonter dans la chambre d'hôtel. Il la déposa délicatement sur le lit et s'allongea à ses côtés. Nadège revint se blottir dans ses bras et Christophe déposa un baiser dans ses cheveux avant de lui aussi sombrer dans un sommeil sans rêve, trop épuiser par cette journée et cette nuit qu'il venait de vivre...

Deux jours plus tard, 17h30. Bientôt une heure que Christophe, Nadège et leur progéniture était à la plage. Christophe était reposé et souriant, au plus grand plaisir de Nadège, et de son fils. Il n'avait pas revu Louise depuis cette fameuse nuit et cela le rassurait. Peut-être que finalement, Louise n'était que le fruit de son imagination et qu'il n'avait que rêvé ces rencontres avec cette petite.


« Puce je vais me baigner. » dit Christophe à Nadège en se levant de sa serviette de bain.
« Ok, je surveille Jules. » lui répondit Nadège en le regardant s'éloigner vers la rive.


Christophe s'approcha de l'eau et laissa ses pieds goûtaient avec délice à la Mer Méditerranée. La température de l'eau était propice à la baignade et Christophe ne se fit pas prier pour entrer complètement dans l'eau. Il se mouilla préalablement le cou et les épaules puis s'enfonça jusqu'à ce que l'eau recouvre totalement son corps et ne laisse apparaître que sa tête. Il fit quelques brasses puis s'arrêta et fit la planche. Son visage se plissait sous les rayons du soleil et les parties de son corps qui émergeaient de l'eau savouraient la douceur et la chaleur de l'été. Il ferma les yeux et savoura ce moment de calme et de détente mais fut bientôt tiré de ses rêveries par un cri qui lui fit ouvrir les yeux. Il se redressa et chercha rapidement d'où provenait ce cri.


« Au secours ! A l'aide ! »


Christophe laissait son regard affolé se promener à la surface de l'eau jusqu'à ce qu'il repère la provenance de ces cris. Plus loin, au large, quelqu'un semblait se noyer. Il ne prit pas la peine de réfléchir et se mit à nager avec acharnement vers la silhouette qui se débattait à quelques mètres de lui. Lorsqu'il ne fut plus qu'à une dizaine de mètres, il distingua le visage de cette personne et reconnut... Louise ! Il s'arrêta de nager et l'appela. La petite se retourna vers lui en souriant et cessa de se débattre. Christophe nagea pour la rejoindre et tenter d'attraper son bras mais la petite s'évapora, comme un mirage dans le désert. Christophe tenta de l'appeler encore plusieurs fois mais il comprit bien que la petite venait encore de lui jouer un tour. Il se laissa couler sous l'eau, se sentant stupide d'être tomber dans le piège de cette petite qui ne faisait que s'amuser avec lui et qui le menait à la baguette. Il remonta à la surface et cracha l'eau qui avait commencé à s'infiltrer dans sa bouche. Il retourna rapidement sur la terre ferme et se posa lourdement sur sa serviette en ne détachant pas son regard de l'horizon, un air renfrogné sur son visage.


« Tu l'as encore vu, c'est ça ? » lui demanda Nadège prudemment.
« Je me suis encore fait avoir ! J'ai cru qu'elle se noyait et... elle a disparu ! Elle s'est évaporée sous mes yeux ! Evaporée ! T'imagines ! »
« J'imagines, en effet... » lui répondit Nadège en grimaçant.
« Faut que je trouve un moyen de la piéger à mon tour. Qu'elle n'ait plus le choix, qu'elle soit obligée de parler... »
« Dis... Tu ne penses pas que si tu l'ignorais, si tu ne prêtais plus attention à elle, peut-être que... »
« Mais oui, c'est ça ! » la coupa Christophe. « Merci ma puce, tu viens d'avoir une idée géniale ! »
« Ah... Je disais ça comme ça tu sais, pour t'aider. »
« C'est génial mon coeur ! » continua Christophe en embrassant Nadège. « La prochaine fois que je la voit, je l'ignore ! Rira bien qui rira le dernier... ! »


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Mercii beaucoup pour tous vos commentaires !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaît ?
A Bientôt.

# Posté le dimanche 21 juin 2009 17:17

Modifié le samedi 27 juin 2009 15:12

T o m e . U n .C h a p i t r e . C i n q

T o m e . U n .C h a p i t r e . C i n q


20 heures 30. Nadège et Christophe se promènent main dans la main sur le remblai qui sépare la plage de la ville. Plongés dans un silence complice, lunettes de soleil sur le nez, ils vagabondent, profitant d'un petit moment tous les deux, Jules étant resté à la garderie de l'hôtel. Nadège caresse doucement le dos de la main de Christophe tendit que celui-ci lui lance des regards tendres et amoureux. Malgré tout, ces vacances lui font du bien, loin du tumulte des villes, de la célébrité et du travail acharné qu'il doit fournir toute l'année. La Corse, cette région qu'il apprécie tant, qu'il dévore des yeux chaque fois qu'il y revient, comme la découvrant à nouveau, cette région à qui il doit tout... Ils marchent ainsi sur plusieurs mètres lorsque Christophe s'arrête et lâche la main de Nadège. Il fixe un point à l'horizon, secoue la tête puis reprend la main de Nadège avant de reprendre doucement sa marche. Nadège tourne la tête vers lui et le regarde avec incompréhension. Pourquoi s'arrête-t-il sans prévenir ? A-t-il revu Louise ? Se sentant observé, Christophe adresse enfin un regard à Nadège et lui chuchote doucement.


« Louise est juste devant, au bout de la promenade. Elle me regarde. » chuchota Christophe en serrant plus fort la main de Nadège.
« Ignore-la. » lui rappela Nadège.
« C'est ce que je compte faire ! » admit Christophe avant de décrocher son regard de Louise et de le poser sur l'horizon.


Ils avancèrent ainsi tranquillement, jusqu'à passer devant Louise, qui fixait Christophe du regard. Lorsqu'elle le vit passer devant elle sans lui accorder un regard, elle le suivit et tenta de l'appeler.


« Christophe ? »


Christophe serra les dents lorsqu'il entendit une voix enfantine l'appelait. Il savait que c'était Louise. Il ne fallait pas qu'il se retourne. Avec beaucoup de mal, il poursuivit son chemin sans prêter attention à Louise. Cependant, la petite, surprise que Christophe ne la remarque pas, courra pour le rattraper et se posta devant lui. Christophe retenu un soupir et se contrôla pour ne pas poser son regard sur elle. La petite insista en l'appelant de nouveau mais Christophe continua de l'ignorer. Cependant, le regard surpris et quelque peu apeuré de la petite lui donnait beaucoup de mal à résister. Mais, qui lui disait qu'elle ne jouait pas, encore une fois, un jeu pour tenter de le faire céder ?


« Christophe ? Tu ne m'entends plus ? Tu ne me vois plus ? » lui demanda Louise en marchant à ses côtés en tentant d'attirer son attention.
« Christophe, j'ai peur sans toi, parle-moi... Christophe... » continua-t-elle en laissant échapper quelques larmes sur ses joues de petite fille.
« Christophe... » dit-elle sur un ton plaintif.


Louise s'arrêta et regarda Christophe s'éloigner tandis que ce dernier laissa échapper un soupir de soulagement en voyant que la petite avait cessé de le suivre. Il adressa un sourire à Nadège et lui fit comprendre que Louise était partie. Nadège sourit doucement puis posa sa tête sur l'épaule de Christophe tout en marchant. Christophe déposa un baiser sur ses cheveux puis ils poursuivirent leur promenade avant de rentrer à l'hôtel et de finir leur soirée tranquillement en amoureux.
Trois jours plus tard, Christophe voyait sans cesse Louise et l'ignorait tant bien que mal. Il lui arrivait que la petite passe une ou deux heures à le suivre, à l'appeler, à essayer d'attirer son attention, mais Christophe résistait. Cependant, l'ignorait devenait de plus en plus difficile et il gaffait de plus en plus souvent en jetant des regards à Louise ou en soupirant lorsqu'il l'entendait l'appeler. Louise avait fini par se rendre compte que Christophe faisait seulement semblant de ne plus la voir et insistait pour le faire craquer. Un soir, alors que Christophe était seul dans la chambre d'hôtel, Louise réapparue et se posta devant lui. Christophe, qui était assis dans un canapé pour regarder la télévision, l'ignora une nouvelle fois et se releva légèrement pour mieux voir l'écran, qui était maintenant en partie caché par le visage de Louise. Louise sourit et dit d'un air malicieux à Christophe.


« Tu me le dis si je te gène... Je ne voudrais pas t'empêcher de voir la télévision. »


Christophe soupira et changea de chaîne.


« Tu as raison, j'aimais pas ce que tu regardais ! » continua-t-elle. « Dis, tu voudrais pas mettre des dessins animés ? »


Christophe continua de l'ignorer malgré que Louise l'agaçait de plus en plus.


« Ça te gêne si je chante ? »


Christophe retint un soupir et sa main se crispa sur la télécommande.


« On s'attache, et on s'empoisonne, avec une flèche qui nous illusionne... »


Christophe monta le son de la télé et son pied tapait le sol à rythme régulier, signe de son énervement. La petite, voyant que Christophe allait bientôt craquer, chanta un peu plus fort.


« ON S'ATTACHE, ET ON S'EMPRISONNE, AVEC UNE FLÊCHE, QUI NOUS ILLUSIONNE, FAUT PAS NON QU'ON S'ATTACHE... »


Louise chantait maintenant à tue-tête dans la chambre d'hôtel. Christophe se leva et, ne pouvant plus résister, finit pas craquer devant le petit jeu de Louise.


« LOUISE ! » cria-t-il en lui jetant un regard noir.


La petite s'arrêta de chanter et le fixa d'un air satisfait.


« Louise par pitié, je t'en supplie, TAIS-TOI ! » poursuivit Christophe en serrant son poing. « Ça fait quatre jours que tu me pourries la vie en me suivant partout, j'en peux plus Louise, tu comprends ? J'EN PEUX PLUS ! Qu'est-ce-que tu veux à la fin ? Dis-le moi, qu'on en finisse ! »


Louise recula en voyant l'expression de colère qui avait pris place sur le visage de Christophe et se blottit contre le mur. Christophe se radoucit lorsqu'il vit qu'il avait apeuré la petite et d'un ton plus calme, lui demanda.


« Louise, tu comprends ce que je te dit ? S'il-te-plaît, dis-moi pourquoi tu es là, pourquoi tu me suis et peut-être que je pourrais t'aider ? S'il-te-plaît... »


La petite se releva doucement et s'approcha timidement de Christophe. Celui-ci regardait Louise, ses yeux laissant échapper la supplication et le désarroi. Il s'accroupit à la hauteur de la petite et tendit un bras vers elle. Louise attrapa la main que lui tendait Christophe et plongea ses yeux dans les siens. Enfin, elle allait lui donner un indice qui pourrait certainement l'aider à comprendre. Pour l'instant, c'était tout ce qu'elle pouvait faire pour lui.


« Christophe... » dit-elle d'une voix faible et tremblotante, son regard toujours plongé dans le sien. « Souviens-toi de ce 11 Avril 1992. »


Christophe continua de regarder la petite sans ciller, attendant qu'elle poursuive, qu'elle lui donne un explication.


« Souviens-toi ! » répéta-t-elle avant de disparaître une nouvelle fois.


30 Commentaires ?
Alors, pourquoi cette date ? Un lien à celui ou celle qui trouvera la réponse :Pp
Mercii beaucoup pour tous vos commentaires !
A Bientôt.

# Posté le lundi 29 juin 2009 10:37

Modifié le lundi 29 juin 2009 12:17

T o m e . U n .C h a p i t r e . S i x

T o m e . U n .C h a p i t r e . S i x


Christophe écarquilla les yeux et laissa tomber son bras, à présent libre. 11 Avril 1992, d'où sortait-elle cette date ? 11 Avril 1992. Celle-ci se répétait dans son esprit. Il se leva et retourna s'asseoir dans le fauteuil, cette date se répétant inlassablement sans qu'il y trouve de signification. « Souviens-toi ! » Pourquoi lui avait-elle dit ça ? De quoi devait-il se souvenir au juste ? 11 Avril 1992. Christophe porta une main à son front et le frotta légèrement, son regard perdu dans le vide, il réfléchissait. Après un rapide calcul, il constata que ce jour-là, il avait dix-sept ans. Dix-sept ans oui, mais alors ? Que s'était-il passé ce 11 Avril 1992, l'année de ses dix-sept ans ? Peu à peu, et à force de les brasser, ses souvenirs lui revinrent. Il se revoyait au lycée, qu'il avait quitté peu après, il revoyait sa copine de l'époque, Sandra, avec qui il avait découvert le vrai amour, il se revoyait dans la pâtisserie de ses parents, à Carpentras, assis sur la terrasse à composer des chansons qu'il abandonnerait plus tard sur son bureau, il se revoyait aussi apprendre la guitare et l'harmonica, il revoyait ses potes, se rappelait des rêves et des projets qu'il avait alors en tête, il revoyait les journées passées avec son frère, Fredéric... tant de souvenirs qu'il avait enfoui au fond de sa mémoire, tant de souvenirs oubliés qui resurgissaient aujourd'hui, tant de choses qu'il pensait avoir effacer... Une larme glissa sur sa joue, pas une larme de tristesse, non. Plutôt de nostalgie. Nostalgie de cette époque, qu'il ne regrette pourtant pas, ou peu. Nostalgie de voir que tant d'années sont passées sans qu'il s'en rende vraiment compte, de voir que tant de choses ont changés pour lui, de voir que les projets qu'il avait cette année-là s'étaient pour la plupart réalisés... Christophe essuya furtivement cette larme qui s'était échappé et essaya de se concentrer pour se rappeler ce jour particulier, ce 11 avril... Avril... Mois de Pâques... Pâques qu'il passait en famille, au ski... Au ski... Mais oui, 11 Avril 1992. Jour de sa chute en ski. Cette chute qui lui a valu une entorse du genou et un léger traumatisme crânien. Jour où son rêve de devenir skieur professionnel s'était envolé. Oui, mais alors ? Pourquoi cette date. Il était tombé, avait passé une semaine à l'hôpital... Le reste, il ne s'en souvenait plus trop. 11 Avril 1992. Quel était le rapport avec Louise. Christophe était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'entendit même pas Nadège rentrer et lui demandait s'il allait bien.


« Christophe ! » l'appela un peu plus fort Nadège en se postant devant lui, Jules dans ses bras.


Christophe sursauta et posa ses yeux sur Nadège.


« Hein ? Tu es rentrée ? »
« Chéri tu te sens bien ? » lui demanda-t-elle, une nouvelle fois inquiète pour lui.
« Oui oui... » lui répondit Christophe avant de se lever et de s'enfermer dans la salle de bain.


Nadège soupira et posa Jules sur le lit afin de le mettre en pyjama. Elle irait parler à Christophe plus tard, lorsqu'il se sentira mieux et qu'il daignera enfin lui expliquer ce qui ne va pas, une nouvelle fois. Cependant, elle se doutait bien que cela avait encore un rapport avec cette Louise imaginaire que Christophe était le seul à voir et qui commençait à agacer sérieusement Nadège...
Christophe ferma la porte de la salle de bain et se regarda dans le miroir. Il se trouvait pitoyable et s'en voulait de gâcher leurs vacances avec une gamine qu'il était le seul à voir et qui lui pourrissait l'existence. Il retira rapidement son tee-shirt, son short et son boxer puis se glissa sous la douche. Il tourna le bouton, accrocha la pomme de douche et laissa glisser l'eau froide sur son corps bouillonnant. Il laissa échapper quelques frissons et la chair de poule parcourut son corps, créant des millions de petits boutons à la surface de sa peau. Il porta ses mains à son visage et le frotta énergiquement avant de recracher l'eau qui s'était infiltré dans sa bouche. Il se savonna ensuite rapidement puis éteignit l'eau après s'être rincé. Rien de mieux qu'une douche froide pour mettre ses idées au clair. Il sortit de la douche en frissonnant puis entoura son corps d'une serviette. Il se sécha brièvement puis enfila un boxer propre avant de sortir de la salle de bain. Il jeta un coup d'oeil à la pièce et retrouva Nadège allongée sur le lit, Jules assis à ses côtés, jouant avec sa mère. Nadège n'adressa aucun regard à Christophe lorsqu'il sortit de la salle de bain et l'ignora lorsqu'il vint s'asseoir à côté d'elle dans le lit et qu'il posa une main sur son bras.


« Excuse-moi puce, je suis sur les nerfs en ce moment... » s'excusa-t-il.
« Ça y est, tu es calmé ? » lui répondit Nadège d'une voix sèche.
« Excuse-moi, c'est encore Louise qui m'a prit la tête... »
« Louise Louise Louise ! Tu n'as que ce mot à la bouche ? » le coupa-t-elle en se levant du lit, Jules dans ses bras.
« Mais elle est revenue Nad' ! » se justifia-t-il.
« A t'entendre, elle n'est jamais partie ! » continua-t-elle, une pointe d'énervement dans la voix.
« Si ! » répondit-il en haussant la voix. « Elle vient, elle part, elle ne fait que ça ! Et crois-moi, ça me rends fou ! Mais ça, tu ne peux pas le comprendre, forcément ! » continua-t-il d'un don dédaigneux.
« Bien sûr que non... Je ne peux pas comprendre... Évidemment... » enchaîna Nadège, de plus en plus énervée. « Et tu ne t'es jamais dit que j'ai essayé Christophe ? Tu ne t'es jamais dit que j'ai essayé de te comprendre mais que tu te braques et que tu ne me dis rien ? Tu passes ton temps à faire la tête, à ruminer, à soupirer... J'en ai marre Chris... Je ne supporte plus ton comportement ! » s'emporta-t-elle. « Crois-moi, j'ai essayé de te comprendre, de t'aider... seulement, tu te renfermes sur toi... Je ne peux rien faire de plus... » ajouta-t-elle avant de lancer un dernier regard à Christophe et de déposer Jules dans son lit. « Je vais faire un tour, je reviendrais quand tu seras calmé... Tâches de t'occuper de ton fils, tu l'ignores depuis une semaine... » lui lança-t-elle avant de quitter la chambre d'hôtel.


Christophe regarda Nadège quitter la chambre d'hôtel sans bouger, sans parler. Ce qu'elle venait de lui dire lui avait fait l'effet d'une claque au visage. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle s'emporte et à ce qu'elle lui reproche toutes ces choses. D'accord, il n'avait pas été très bavard et joyeux ces derniers jours, d'accord il ne s'était pas occupé de Jules... Mais était-ce une raison pour le lui balancer à la figure. Christophe donna un coup de pied dans un jouet qui traînait et sorti sur le balcon. Il s'accouda à la rambarde et observa la rue. Il vit Nadège sortir de l'hôtel et se dirigeait vers le centre-ville, sans lui accorder un regard. Il pesta intérieurement contre lui-même lorsqu'il entendit Jules pleurait. Il retourna dans la chambre et vit son fils, appuyé contre les barreaux du lit, les yeux remplis de larmes. Lorsqu'il aperçut son père, il leva les bras vers lui en l'appelant. Christophe lui sourit et l'attrapa avant de le serrer contre lui. Le petit blottit sa tête contre le cou de Christophe et Christophe déposa une main dans les cheveux de Jules avant de le bercer. S'il voulait que Nadège le pardonne, il avait plutôt intérêt à changer de comportement ! Christophe déposa Jules sur le sol puis s'approcha de l'armoire et en sortit des affaires. Il s'habilla rapidement, reprit Jules dans ses bras puis après avoir jeté un dernier coup d'oeil à la pièce, sorti à son tour de la chambre.



Coucou :)
Alors, vous pensiez à ça ?
J'ai vu que personne n'a trouvé la réponse, en même temps, c'était pas facile...
Déçu ? Oui ? Non ?
Dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre :)
Mercii beaucoup pour vos commentaires, ça me touche beaucoup que vous preniez le temps de poster...
J'espère que ça va continuer :)
A Bientôt.

# Posté le lundi 29 juin 2009 11:38

Modifié le mardi 30 juin 2009 11:58

T o m e . U n .C h a p i t r e . S e p t

T o m e . U n .C h a p i t r e . S e p t


Christophe rejoignit la plage, Jules gazouillant dans ses bras, heureux de sortir à nouveau. Christophe le regarda, amusé puis se posa sur le sable, à quelques pas de l'eau, sur un coin de la plage quelque peu désert. Jules se mit à galoper et Christophe le surveilla du coin de l'oeil en souriant. L'air était encore chargé de chaleur malgré qu'il soit déjà bientôt vingt heures. Christophe observa la Méditerranée qui s'étendait à ses pieds et se leva. Il retira ses chaussures et s'approcha de l'eau, laissant les vagues mouillaient ses chevilles. Jules s'approcha de son père d'un pas peu assuré et rigola lorsque l'eau vint lui chatouiller les pieds. Christophe sourit, amusé puis attrapa Jules avant de la caler contre sa hanche. Il lui parla tout en avançant un peu plus dans l'eau et son fils l'écouta attentivement, buvant les paroles de son père sans le lâcher des yeux, comme captiver par sa voix. Christophe sourit une énième fois puis s'arrêta d'avancer lorsque l'eau lui arriva au nombril. Il se tut et se laissa aller dans la contemplation de l'horizon, ce qui eut le don de l'apaiser, oubliant presque son fils calé dans ses bras et occupé à donner des coups de pieds dans l'eau.


« Tu veux te baigner Jules ? » dit Christophe d'une voix amusée en observant son fils taper dans l'eau avec ses pieds.


Christophe prit son fils dans ses bras et le leva au dessus de sa tête. Jules éclata de rire et gigota dans les bras de son père, lui envoyant des gouttes d'eau sur le visage. Christophe rigola à son tour puis abaissa ses bras et laissa les pieds de Jules tremper dans l'eau avant de le relever de nouveau. Il recommença plusieurs fois, ce qui amusa son fils puis finit par le reposer contre sa hanche et rebroussa chemin afin de retourner sur le sable. Il déposa Jules par terre et lui enleva son pyjama, à présent mouillé et Christophe retira son tee-shirt afin de le mettre à son fils, pour qu'il n'attrape pas froid. Il se releva ensuite puis attrapa la main de son fils et ils marchèrent ensemble le long de l'eau avant de remonter à l'hôtel, une dizaine de minutes plus tard. Christophe fit glisser le pass dans la porte et la poussa. Il entra, ferma la porte derrière lui puis s'avança dans la chambre. Il jeta un coup d'oeil dans la salle de bain mais la pièce était vide. Nadège n'était pas revenu. Christophe emmena Jules dans la salle de bain et lui fit prendre un bain rapidement avant de lui mettre un pyjama propre. Il revint ensuite dans la chambre, déposa Jules au sol et se changea à son tour, enfilant seulement un short. Il reprit ensuite Jules dans ses bras et le déposa sur le lit, avant de s'allonger aux côtés de son fils. Jules, fatigué, vint se blottir dans les bras de son père et Christophe l'entoura dans ses bras avec tendresse, chuchotant à son fils une petite berceuse. Ils s'endormirent ainsi tous les deux, épuisés par leur journée.
Quelques heures plus tard, Nadège entra dans la chambre, plongée dans la pénombre et découvrit Christophe et Jules, endormis sur le lit. Un sourire se dessina sur son visage. Elle déposa son sac à main sur une chaise et retira ses chaussures puis s'approcha doucement du lit. Elle s'allongea à côté de Christophe et posa sa tête dans son cou et une main sur son torse. Christophe se réveilla doucement et passa son bras dans le dos de Nadège avant de déposer sa main sur sa hanche. Il déposa un baiser dans ses cheveux et lui chuchota.


« Excuse-moi, j'ai été con... »
« Non, c'est moi, j'ai pas essayé de comprendre... » lui répondit Nadège en relevant la tête vers lui.
« C'est pas ta faute. Je me suis rendu compte que j'avais été égoïste ces derniers jours. Je te promets que ça va changer... » poursuivit Christophe en déposant un baiser sur les lèvres de Nadège.
« Merci. » répondit-elle doucement. « Je m'en suis voulu de t'avoir laissé en plan comme ça ! Jules ne t'as pas trop embêter au moins ? »
« Tu as bien fait, j'aurai jamais pris conscience de mon comportement sinon... » la rassura Christophe. « Puis Jules est un ange, ça m'a fait du bien de passer un peu de temps avec lui. »


Nadège sourit puis se colla un peu plus à Christophe. Elle entama un baiser que Christophe prolongea puis blottit sa tête dans son cou. Christophe la serra contre lui et déposa sa tête contre la sienne. C'est ainsi qu'ils s'endormirent, dans les bras l'un de l'autre, ne pensant qu'à l'amour et la tendresse qui les unissaient, ou les réunissaient chaque fois qu'ils se disputaient.

Six heures du matin. Une silhouette qui entre. Un regard qu'elle pose sur lui. Une main sur son épaule. Christophe émerge doucement et ouvre ses yeux avant de bailler aux corneilles. Il frotte énergiquement son visage pour chasser toute trace de fatigue et laisse vagabonder son regard dans la pièce avant de sursauter. Nadège gémit dans son sommeil puis se retourne. Christophe se dégage de son étreinte et s'assoit sur le lit. Il jette un regard à Louise qui est postée devant lui, le visage blafard. Elle le regarde d'un regard perdu, vague et flou. Un regard bien différent de celui qu'elle avait l'habitude de porter, ce regard malicieux et joyeux qu'elle lançait toujours à Christophe. Les traits de son visage sont tirés, comme fatigués, las et la couleur de sa peau donne l'impression qu'une épaisse couche de talc y a été appliquée. Christophe se lève et s'approche de la petite. Il remarque qu'elle tremble. Il ne fait pourtant pas froid. Il porte une main à son visage et doucement lui demande.


« Louise, tu vas bien ? » demande-t-il, une pointe d'inquiétude dans la voix.


La petite laisse échapper une larme que Christophe sèche avec son pouce et ouvre la bouche pour parler. Seul un faible son tremblotant parvient à sortir.


« Aide-moi... Je vais... mourir... »
« Mourir ? Dis pas ça Louise ! Tu ne vas pas mourir ! »
« C'est trop tard... Je n'ai plus beaucoup de temps... »
« Mais si Louise, tu as encore toute ta vie devant toi... »
« C'est trop tard... Aide-moi... »
« Louise... Qu'est-ce-qu'il faut que je fasse ? »
« Il faut que tu comprennes... Seul toi peut comprendre... Seul toi peut m'aider... »
« Comprendre quoi ? T'aider à quoi Louise ? Aide-moi ! Dis-moi ! »
« Il faut que tu trouves le chemin... »
« Le chemin ? Quel chemin ? Je ne comprends rien Louise... Louise explique-moi ! »
« Le chemin qui te mènera à moi... »


La voix de Louise se faisait de plus en plus faible. Christophe la regardait sans comprendre tout en réfléchissant aux paroles de la petite. Il essayait de trouver un rapport, un quelconque rapport qui pourrait le mener sur la voie, qui pourrait l'aider à comprendre. Il repensa alors à la date qu'elle lui avait énoncer.


« Louise, ça a un rapport avec ce 11 avril ? »
« C'est la clé... Tu y trouveras la réponse... »
« C'est en rapport avec ma chute ? »
« En partie. » répondit Louise d'une voix qui devenait seconde après seconde plus faible.


Christophe se releva et passa une main dans ses cheveux. Il posa son regard sur Louise, qui disparaissait peu à peu de sa vue, comme happée par une force invisible. Il fallait qu'il réfléchisse, et vite. Il avait bien compris que Louise était en danger, il voulait l'aider ! Le problème, c'est qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire... Aucune !


Pardon pour le retard... Problème de motivation... =/
J'espère que cette suite vous plaît ?
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# Posté le dimanche 12 juillet 2009 06:50

T o m e . U n .C h a p i t r e . H u i t

T o m e . U n .C h a p i t r e . H u i t


Christophe tournait en rond dans la chambre depuis une dizaine de minutes déjà, réfléchissant à ce qu'il devait comprendre, ce qu'il devait faire, lorsque Louise réapparut devant lui. Christophe se précipita devant elle et lui chuchota.


« Louise, qu'est-ce-que je dois faire ? Louise, dis-moi ! »
« La plage. » répondit Louise avant de disparaître de nouveau.


Christophe resta un moment accroupi, fixant l'endroit où Louise se trouvait auparavant, avant de comprendre ce qu'elle venait de lui dire. Il se releva d'un bond puis sortit de la chambre précipitamment. Il courut jusqu'à la plage et, lorsqu'il sentit ses pieds nus s'enfoncer dans le sable, s'arrêta et chercha des yeux où pouvait bien se trouver Louise. Son regard presque affolé parcourait les lieux, ne laissant rien lui échapper. Ne la voyant pas, Christophe se remit en marche et s'approcha du bord de l'eau. Il longea la mer pendant quelques mètres avant de voir un massif de rochers en face de lui. S'il y avait un endroit où pouvait se trouver Louise, s'était avec de grandes chances près des rochers. Il s'approcha du massif en courant, lançant de temps à autre un « Louise » inquiet. Devant les rochers, il s'arrêta et posa son regard sur le sommet. Personne. Il tourna sur lui-même en jetant un regard circulaire sur la plage puis reposa son regard sur le massif de rochers. Qu'est-ce-que Louise avait cherché à lui faire comprendre en lui indiquant la plage ? Devait-il la retrouver ici ? Sûrement, sinon pourquoi lui aurait-elle dit la plage si ce n'était pas pour la retrouver ? Christophe posa sa main gauche sur la pierre encore chaude et se rendit compte qu'il était essoufflé, fatigué... mentalement comme physiquement. Il leva de nouveau son regard vers le sommet des rochers et, d'un geste vif, commença à les escalader. Même épuisé, il n'avait pas le temps de traîner. En quelques minutes, il se retrouva en haut du massif, dominant la plage et la mer. Le soleil à peine levé reflétait ses rayons orangés sur la surface lisse de la Méditerranée et donnait au paysage une atmosphère chaleureuse. Christophe prit quelques minutes pour observer la scène, scène plutôt rare qu'il n'avait eu la chance d'observer que très peu de fois, puis se ressaisit et observa une énième fois cette plage qu'il avait l'impression de connaître par coeur à présent. En contre-bas, quelque chose, il n'aurait su dire quoi, attira son attention. Quelque chose de brillant, de coloré. Quelque chose, un objet. Non, plusieurs objets. Une ligne. Christophe plissa ses yeux. Une ligne, des... des lettres. Oui, cela formait un mot. Une phrase. Christophe reporta toute son attention sur ces mots écrient sur le sable à l'aide de pierres et de coquillages sans pour autant en comprendre la signification. Cette succession de lettres formait une phrase qu'il ne comprenait pas. Même pas une phrase écrite d'une autre langue, non, une phrase incompréhensible pour le commun des mortels. Ses yeux fixaient ces mots sans pouvoir s'en détacher, comme effaré mais aussi frustré de ne pas comprendre. Il était sûr que ces mots avaient un rapport avec Louise, sûr et certain. Mais, il fallait maintenant qu'il parvienne à les déchiffrer, à les comprendre pour pouvoir l'aider.


« N'ait pas peur. » entendit-il derrière son dos.


Il ne se retourna pas, il savait très bien qui était là.


« Au fond, tu le savais, seulement, tu ne pouvais pas l'accepter, c'était trop douloureux. » continua-t-on derrière lui.


Christophe ne lâcha pas du regard ces lettres, cette phrase.


« Tu es... un fantôme ? » demanda-t-il d'une voix mal-assurée.
« Pas tout à fait. »
« Qui es-tu alors ? »


Louise s'accorda quelques secondes de réflexion avant de répondre. Elle ne voulait pas l'effrayer encore plus, elle voulait qu'il comprenne, qu'il se rappelle.


« Je suis... » Louise mordit sa lèvre avant de reprendre. « Une projection. Une projection de mon âme. »


Christophe ne dit rien. Son regard était toujours posé sur ces lettres. Il ne pouvait s'en détacher, il ne voulait s'en détacher. Il était comme hypnotisé. Regarder ces lettres était pour lui comme une sécurité. Il n'avait pas peur, non. Il n'avait plus peur depuis qu'il avait compris que Louise n'était pas... un « être humain », à proprement parler. Il attendait. Attendre que Louise poursuive, qu'elle lui explique, qu'il comprenne enfin. C'était tout ce qu'il attendait. Louise s'approcha doucement de Christophe et s'arrêta à ses côtés. Elle leva la tête vers lui et posa son regard sur son visage, qu'elle découvrit étonnamment calme et serein. Elle s'attendait à voir de la peur, de la frustration, de la colère même. Et pourtant, le visage de Christophe était vide de tous ces sentiments, de toutes ces sensations. Louise baissa la tête et glissa sa main dans celle de Christophe. Celui-ci ne broncha pas. Il serra la main de la petite, comme pour l'encourager à poursuivre.


« Je suis dans le coma. »


Ces mots résonnèrent aux oreilles de Christophe et se répétèrent à l'infini. « Je suis dans le coma. » Il ne parvenait pas à penser à autre chose qu'à ces cinq mots, ces cinq tout petits mots, non sans importance. Le coma. Voilà qui expliquait pas mal de chose. Lui aussi avait connu le coma, ce 11 Avril 1992. Il était resté trois jours dans le coma, un léger coma suite à son traumatisme crânien. Il avait frôler la mort. Mais il en était finalement sorti indemne, ou presque. Seule sa blessure au genou restait un souvenir de cette journée. Un souvenir ineffaçable, une blessure qu'il garderait à vie. Soudain, tout lui parut plus clair. Louise leva de nouveau la tête vers le visage de Christophe et vit ses yeux perdus dans le vague. Elle brisa le silence.


« Tu comprends maintenant ? »



Enfin la suite, toute petite je sais... Mea culpa !
Mais je promets que dans le prochain chapitre, vous aurez enfin toutes les réponses à vos questions.
D'ailleurs, il est déjà écrit...
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# Posté le vendredi 17 juillet 2009 08:45